h, la constante de Planck et G, la constante de gravitation, sont avec la vitesse de la lumière des "constantes fondamentales". Elles interviennent respectivement en mécanique quantique et dans la relativité générale, les deux théories qui sont les deux piliers de notre compréhension du monde physique.

Dans un article qui paraît aujourd'hui Thomas Chehab et Olivier Minazzoli du laboratoire ARTEMIS (Observatoire de la Côte d’Azur), en collaboration avec l’Observatoire de Paris et l’Université de Barcelone, montrent que si la théorie de la relativité intriquée est exacte, h et G ne sont que des quantités effectives, qui peuvent varier dans l’espace et le temps. Elles dérivent en fait toutes deux d'une nouvelle et constante fondamentale, ayant les dimensions d'une énergie. Les constantes fondaentales ne seraient donc plus que 2, celle-ci et la vitesse de la lumière.


Si G et h peuvent varier, les chercheurs montrent cependant que les variations de G et h sont totalement négligeables dans le Système solaire, rendant la théorie indiscernable de la Relativité Générale aux niveaux de précision actuels, mais qu’elles pourraient devenir significatives dans des environnements astrophysiques extrêmement denses, comme les naines blanches ou les étoiles à neutrons, ouvrant la possibilité d'envisager des tests à moyen terme.

La relativité d'Einstein apparaît donc comme une approximation de cette théorie de la relativité intriquée dans le cas de notre univers peu dense. Ce que montrent les auteurs dans un deuxième article est que cette théorie de la gravitation est la seule à pouvoir reproduire les résultats de la relativité générale dans un Univers sans constante cosmologique.

L'intérêt de cette théorie "intriquée", découverte par hasard il y une dizaine d'années comme le racontent les auteurs, est de rendre absolument indissociables espace et matière, qui sont intimement intriquées dans ses équations. Ceci correspond au principe qui guidait Einstein en construisant la relativité générale, qui finalement n'y obéit pas, à sa grande surprise. Cette intrication a des implications importantes sur le lien entre espace et matière, entre relativité et mécanique quantique. Car dans la théorie intriquée, h dépend de G, et il n'y a plus ni temps ni longueur de Planck, ce qui laisse entrevoir un comportement différent de celui de la relativité générale quantique aux petites échelles. Cette approche ouvre ainsi une nouvelle voie d’exploration vers une compréhension plus unifiée des lois fondamentales de la nature.

 


ARTICLES :
Variation of Planck’s quantum of action in Entangled Relativity, Thomas Chehab, Olivier Minazzoli et Aurélien Hees, Classical and Quantum Gravity, 2025, https://doi.org/10.1088/1361-6382/ae30c7.
Deriving Entangled Relativity, Olivier Minazzoli, Maxime Wavasseur et Thomas Chehab, Physics Letters B, 2025.
https://doi.org/10.1016/j.physletb.2025.140117.
CONTACTS :
thomas.chehab@oca.eu et olivier.minazzoli@oca.eu
Olivier Minazzoli dirige ces recherches depuis le laboratoire ARTEMIS (CNRS/UMR 7250)
de l’Observatoire de la Côte d’Azur (OCA), dans le cadre d’une convention signée entre le
gouvernement de Monaco, le CNRS, l’Université Côte d’Azur et l’Observatoire de la Côte d’Azur.

CONTACT PRESSE :
Margaux Arav – Responsable communication de l’Observatoire de la Côte d’Azur
margaux.arav@oca.eu